Affaire Caritas: « Aucune faute du côté de l’État dont le souci est l’aide aux plus démunis »

Artikel
Publizéiert le 24.07.2024 à 18h28 Update le 24.07.2024 à 18h41

Le Premier Ministre Luc Frieden, accompagné des Ministres de la Famille Max Hahn, du Ministre des Finances Gilles Roth et du Ministre de l’Éducation Claude Meisch était en Commission jointe – Famille et Contrôle de l’Exécution budgétaire – pour revenir sur l’affaire Caritas et répondre aux questions des députés. La réunion avait lieu sur demande de la sensibilité politique déi gréng et du groupe politique LSAP, le mercredi 24 juillet.

Il ne s’agit pas d’un problème de l’État, aucun agent de l’État, aucune administration n’a commis une infraction et il me tient à cœur de préciser cela d’entrée de jeu, dit le Premier Ministre face aux députés de deux commissions parlementaires. C’est la Caritas qui a fauté et c’est à la Caritas qu’il incombe de trouver des solutions, a-t-il encore souligné. Néanmoins l’État veillerait à ce que l’aide au plus démunis puisse continuer.

 

Comment en est-on arrivé là, comment plus de 60 millions d’euros ont pu être détournés ? Comment les activités sociales peuvent-elles être garanties ? Qu’en est-il des salaires du personnel de Caritas ? C’était l’essentiel des questions des députés. Les ministres ont expliqué ne pas disposer eux-mêmes de tous les éléments de l’affaire et n’ont pu révéler toutes leurs informations en public, une affaire judiciaire étant en cours. 

Combien l'État verse-t-il à Caritas ?

Actuellement, l’État ne donne plus rien du tout à Caritas, a souligné le Premier Ministre, et encore : nous ne pouvons risquer que l’argent soit perdu et il est impératif de connaître tous les dessous de l’histoire. 

 

Grosso modo, Caritas recevait environ 45 millions d’euros par an de l’Etat. Cet argent, à part celui destiné à la coopération, n'était pas versé tel quel en tant que somme unique. Il s’agissait d’avances, généralement sur trois mois, pour financer des activités pour lesquelles des décomptes étaient fournis. L’État se réserverait le droit d’intenter des actions en justice contre Caritas, au cas où l’argent payé ne serait pas arrivé à bonne destination.

Poursuite des activités sociales et quid des dons?

Quant aux nombreuses questions des députés sur la poursuite des activités sociales de Caritas, le Premier Ministre a expliqué que les plus pauvres ne devraient en aucun cas être délaissés. Une solution pourrait être la mise en place d’un administrateur provisoire, une structure ad hoc, qui permettrait de payer des activités sans devoir passer par Caritas.

 

Est-ce que les gens peuvent encore faire des dons ? Cette question était posée au Premier Ministre avec en parallèle une demande de bien vouloir partager toutes les informations avec les communes. Le Directeur de Caritas aurait lui-même conseillé de ne pas donner de l’argent à son organisation, c’était une remarque en commission. L’affaire devrait être élucidée le plus vite possible, ont dit les ministres, pour que les donateurs puissent faire confiance au secteur social qui, sinon, pourrait en pâtir. 

Des questions autour de la gouvernance

Qu’en est-il de la gouvernance des organes qui reçoivent pour quelques-uns beaucoup d’argent de la part de l’État ? C’était une autre question de député. Le Premier Ministre envisage la publication d’un vademecum pour toutes les organisations qui reçoivent des subsides substantiels de la part de l’État. Il a encore fait remarquer qu’il n’est jamais impossible que des règles soient violées par des fraudeurs.

 

Quelques députés ont posé la question si des avoirs de Caritas, par exemple des immeubles, ne pourraient pas servir à boucher des trous financiers. C’est à la Caritas de trouver des solutions, a répété le Premier Ministre, qui a encore ajouté que l’État demanderait être informé des résultats des travaux de la société d’audit qui va analyser les systèmes de management de Caritas.