En visite officielle au Canada pour « construire des relations étroites »

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Publié le 03.06.2026 à 15h21 Mis à jour le 05.06.2026 à 22h36

Renforcer les alliances, diversifier les partenariats et resserrer les liens avec les pays partageant les mêmes valeurs : tels sont les objectifs de la première visite parlementaire luxembourgeoise au Canada, conduite du 2 au 5 juin 2026 par le Président de la Chambre des Députés, Claude Wiseler. 

Il est accompagné du Vice-Président Mars Di Bartolomeo, des membres du Bureau Laurent Zeimet, Taina Bofferding, Diane Adehm et Fred Keup, ainsi que du Président de la Commission des Affaires étrangères et européennes, Gusty Graas.

A Ottawa, le Président de la Chambre des Députés Claude Wiseler a été reçu par son homologue Francis Scarpaleggia.

Un contexte géopolitique propice au rapprochement

 

Fil conducteur de l'ensemble des réunions tenues lors de la première journée à Ottawa — à la Chambre des Communes comme au Sénat —, la nécessité de « diversifier les relations et de resserrer les liens avec les pays qui partagent les mêmes valeurs » a fait l'objet d'un large consensus.

 

Le Président de la Chambre des Communes, Francis Scarpaleggia, a présenté le Canada comme une « superpuissance démocratique », dont l'ambition est précisément de tisser des liens renforcés avec des pays partageant les mêmes valeurs. Claude Wiseler a abondé dans ce sens, soulignant que cette visite transatlantique vise à « construire des relations étroites et durables avec des partenaires qui soutiennent et partagent les mêmes idées », en particulier au sein des organisations internationales. L'attachement commun au multilatéralisme et au droit international a été réaffirmé à plusieurs reprises par les deux délégations.

Le Luxembourg et le Canada unis sur les questions d’affaires étrangères et de défense

 

Les échanges avec les commissions des Affaires étrangères et de la Défense ont mis en lumière un soutien partagé et sans équivoque envers l'Ukraine. Les parlementaires canadiens ont rappelé les deux raisons fondamentales de cet engagement : le Canada abrite la plus grande diaspora ukrainienne après la Russie, et la défense du droit international reste une priorité stratégique, notamment face aux menaces pesant sur la souveraineté arctique. Interrogé sur la position européenne, Claude Wiseler a assuré que, selon lui, l'Union européenne ne réduira pas son soutien à l'Ukraine, qualifiant cet engagement de « steady » — tout en soulignant que le véritable enjeu pour l'UE est d'être présente à la table des négociations.

 

Les deux pays, membres de l'OTAN, ont également échangé sur la hausse de leurs budgets de défense. Les représentants du Comité permanent de la défense nationale ont indiqué que l'opinion publique canadienne a accepté ces efforts accrus, portée par un sentiment d'urgence lié à la détérioration des relations avec les États-Unis et aux enjeux de souveraineté en Arctique.

 

Relations canado-américaines et investissements

 

Lors des échanges avec le Comité des affaires étrangères et du développement international, les parlementaires des deux pays ont évoqué la dégradation des relations entre Ottawa et Washington. C'est précisément cette réalité qui pousse le Canada à diversifier activement ses partenariats diplomatiques et économiques — une démarche dans laquelle le Luxembourg s'inscrit naturellement, en tant que 9e investisseur étranger au Canada. Les deux délégations ont affiché leur volonté commune d'approfondir encore cette coopération.

 

Les politiques environnementales ont également trouvé leur place dans les discussions, les parlementaires canadiens les considérant comme relevant à part entière des affaires étrangères. Soucieux de connaître le positionnement de leurs homologues luxembourgeois face aux crises climatiques, ils ont interrogé la délégation sur ce sujet. Claude Wiseler a réaffirmé que les objectifs fixés lors de la COP 21 de Paris demeurent une priorité pour le Luxembourg, tout en reconnaissant une réalité partagée par de nombreux gouvernements : dans un contexte où les urgences économiques et sécuritaires se multiplient, ces ambitions climatiques sont de plus en plus difficiles à porter auprès des citoyens.

80 ans de relations diplomatiques Luxembourg-Canada

 

Cette visite s'inscrit dans le cadre des 80 ans de relations diplomatiques entre le Luxembourg et le Canada, célébrés en 2025. Des liens dont les racines remontent à la Seconde Guerre mondiale, lorsque la famille grand-ducale et une partie du gouvernement luxembourgeois se sont exilés au Canada. Cet anniversaire a notamment été marqué par l'ouverture officielle de la première ambassade luxembourgeoise à Ottawa. La visite officielle de la délégation parlementaire est la 5e visite d’une délégation luxembourgeoise depuis l’ouverture de l’Ambassade à Ottawa. 

Québec : des échanges sur l'économie et la francophonie

 

Au-delà d'Ottawa, la délégation luxembourgeoise s'est rendue à Québec, capitale provinciale, où elle a été accueillie par la Présidente de l'Assemblée nationale, Nathalie Roy.

 

Les échanges ont principalement porté sur deux axes : d'une part, le renforcement des relations économiques entre le Luxembourg et le Québec ; d'autre part, les répercussions des tarifs douaniers sur l'économie québécoise et canadienne.

 

La francophonie a également occupé une place centrale dans les discussions. L'Assemblée nationale du Québec s'apprête en effet à prendre la présidence de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), institution dans laquelle le Luxembourg et le Québec s'investissent activement. À ce titre, la Chambre des Députés accueillera au printemps 2027 la 52e session de l'APF.

 

En marge de ces rencontres, une partie de la délégation a eu l'occasion de s'entretenir avec le Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete. La visite s'est conclue par un échange avec la Lieutenante-gouverneure du Québec, Manon Jeannotte, représentante du roi pour la province.

Renforcement des liens académiques entre le Luxembourg et le Québec

 

À Montréal, la délégation luxembourgeoise a eu un échange de vues avec Stéphane Pallage — ancien directeur de l'Université du Luxembourg, aujourd'hui recteur de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), l'une des plus grandes universités du Québec.

Les discussions ont porté sur trois points clés : l'accueil annuel de 4 à 5 étudiants luxembourgeois à l'UQAM, le renforcement de la coopération entre les universités du Québec et du Luxembourg, ainsi que la participation de l'UQAM au programme Horizon de l'Union européenne. 

 

Les députés ont également rencontré des étudiants luxembourgeois de l'UQAM. Au total, 142 jeunes du Grand-Duché étudient aujourd'hui au Canada, la plupart ayant choisi le Québec comme destination.